Le verbe prosterner s’écrit avec deux n, et son participe passé prend la forme prosterné. La question de l’accord de ce participe – au féminin, au pluriel, dans un verbe pronominal ou employé comme adjectif – suit des règles précises que l’on peut systématiser. Ce guide présente chaque cas sous forme de tableau, puis analyse les points de friction les plus fréquents.
Tableau des accords de « prosterné » selon le genre et le nombre
Le participe passé prosterné se comporte comme tout participe du premier groupe. Ses formes varient selon le genre (masculin/féminin) et le nombre (singulier/pluriel) du terme auquel il se rapporte.
| Forme | Genre | Nombre | Exemple |
|---|---|---|---|
| prosterné | masculin | singulier | Il s’est prosterné devant l’autel. |
| prosternée | féminin | singulier | Elle s’est prosternée en signe de respect. |
| prosternés | masculin | pluriel | Ils se sont prosternés à l’entrée du temple. |
| prosternées | féminin | pluriel | Elles se sont prosternées devant le souverain. |
Ces quatre formes couvrent la quasi-totalité des situations courantes. L’accord porte sur le sujet lorsque le verbe est pronominal, ce qui correspond à l’usage le plus répandu de prosterner.

Pourquoi le verbe pronominal « se prosterner » accorde toujours avec le sujet
Dans se prosterner, le pronom se est complément d’objet direct : les sujets se prosternent eux-mêmes. On peut vérifier ce point en posant la question « qui est-ce qu’on prosterre ? » – la réponse est le sujet lui-même.
Cette configuration place le COD avant le participe, ce qui déclenche l’accord. Le participe passé d’un verbe pronominal s’accorde avec le sujet quand le pronom « se » est COD. Pour prosterner, ce cas est quasi systématique : on n’est jamais prosterné « pour quelque chose d’autre ».
Les formes fléchies s’écrivent donc :
- Elle s’est prosternée – féminin singulier, le « e » final marque le féminin à l’écrit sans modifier la prononciation.
- Elles se sont prosternées – féminin pluriel, le « es » final reste muet mais est obligatoire à l’orthographe.
- Ils se sont prosternés – masculin pluriel, le « s » final s’impose dès que le groupe sujet est masculin ou mixte.
Une erreur fréquente consiste à laisser le participe invariable, sur le modèle de l’auxiliaire avoir. Ce raisonnement ne s’applique pas ici, car l’auxiliaire utilisé est être.
Participe passé « prosterné » employé comme adjectif
Lorsque prosterné est détaché du verbe et qualifie directement un nom, il fonctionne comme un adjectif et s’accorde en genre et en nombre avec ce nom.
La phrase les personnes prosternées attendaient en silence illustre ce cas : prosternées qualifie personnes (féminin pluriel) et prend donc le double marquage -ées. Aucun auxiliaire n’est présent ; l’accord se fait uniquement par rapport au nom.
La distinction avec la forme verbale est parfois délicate à l’oral, car les terminaisons -é, -ée, -és, -ées se prononcent de la même façon. C’est à l’écrit que la différence devient visible et que l’accord doit être posé avec précision.
Accord de « prosterné » avec un infinitif : le cas particulier de « vu se prosterner »
La construction les fidèles que j’ai vus se prosterner met en jeu une règle distincte. Le participe vus s’accorde avec que, qui reprend les fidèles (masculin pluriel), parce que les fidèles sont bien ceux qui font l’action de se prosterner – ce sont eux le COD de voir.
Ce raisonnement suit la règle du participe passé suivi d’un infinitif : on accorde si le COD antéposé fait l’action exprimée par l’infinitif, on n’accorde pas dans le cas contraire.
Dans cette construction, le participe de prosterner lui-même n’est pas en jeu directement : c’est le verbe de perception (voir, entendre, regarder) qui porte l’accord. La construction reste néanmoins utile à connaître, car elle génère des erreurs d’attraction lorsque plusieurs participes se succèdent dans la même phrase.
Les erreurs d’accord les plus fréquentes avec « prosterné »
Trois erreurs reviennent régulièrement dans les productions écrites :
- Écrire elle s’est prosterné sans le « e » de féminin – confusion avec le masculin par défaut, fréquente dans les contextes mixtes ou lorsqu’on copie une forme déjà rencontrée au masculin.
- Confondre auxiliaire avoir et auxiliaire être : prosterner pronominal se conjugue toujours avec être aux temps composés, ce qui rend l’accord obligatoire avec le sujet.
- Oublier le « s » du masculin pluriel dans les groupes mixtes : ils se sont prosternés s’impose dès que le groupe inclut au moins un masculin, quel que soit le nombre de féminins.
Ces trois cas sont résolus par une vérification en deux temps : identifier l’auxiliaire utilisé (être), puis identifier le sujet et son genre/nombre pour appliquer l’accord correspondant.
L’accord de prosterné ne présente pas de cas véritablement irrégulier – contrairement aux participes passés fait ou laissé suivis d’un infinitif, qui restent invariables. La régularité du premier groupe s’applique ici sans exception, ce qui fait de ce verbe un point d’ancrage solide pour vérifier sa maîtrise des règles générales d’accord.

